Face à la raréfaction de l’eau et à la prédominance de l’irrigation par inondation dans les exploitations familiales malgaches, cette étude vise à déterminer une fréquence d’irrigation permettant de réduire les apports en eau tout en maintenant un rendement acceptable de la carotte (Daucus carota L., variété Nantaise). Trois essais ont été conduits de 2024 à 2026 dans la région Amoron’ny Mania, sur deux sites présentant des caractéristiques pédologiques différentes : Ambalamahasoa et Tsinjony.
Le dispositif en blocs complets randomisés, comprenant trois répétitions, a comparé trois régimes d’irrigation : tous les deux jours (T1, référence), tous les trois jours (T2) et tous les quatre jours (T3), avec un apport de 5 L/m² par irrigation. Toutes les parcelles ont reçu 10 t/ha de compost. Les données ont été analysées par ANOVA et le test de Tukey.
Les résultats montrent que T1 et T2 ne diffèrent pas significativement pour la masse, la longueur et le diamètre des racines. En revanche, T3 réduit la masse des racines de 25 à 30 %, leur longueur de 28 à 29 % et leur diamètre de 27 à 28 %. Sur les trois années, le rendement moyen atteint 5,81 kg par parcelle de 3 m² pour T1, contre 4,26 kg pour T2 et 3,03 kg pour T3. Ainsi, T2 représente environ 73 % du rendement de référence, tandis que T3 n’en représente que 52 %. Le classement des traitements reste stable entre les essais.
L’irrigation tous les trois jours pourrait constituer une alternative pour économiser l’eau, sous réserve d’accepter la baisse de rendement. L’irrigation tous les quatre jours est peu adaptée. Des études complémentaires sur les racines commercialisables, l’évapotranspiration et le volume d’eau apporté sont recommandées.